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La datation des Évangiles

Mis à jour : mars 15



1. Les évangiles écrits au 2ème siècle ?


D'après Stéphan Hoebeeck il existe trois camps distincts pour la datation des évangiles :

les traditionalistes - rédaction en grec vers 40-60

les modérés - rédaction en grec vers 90 -100 et araméen vers 60

les critiques - rédaction en grec vers 130-140 et araméen vers 100-120 [1]


Malheureusement Hoebeeck ne cite aucun savant pour appuyer ses propos. En réalité dans la note de bas page, endroit où théoriquement l'on cite ses sources lui va se citer lui même pour appuyer sa position...




Pourquoi n'a t-il pas revendiqué des spécialistes ? Tout simplement parce que la majorité des critiques ne vont pas dans son sens, cette position qui consiste a dater les évangiles au 2ème siècle à bien été courante mais c'était au 19ème siècle comme l'avait expliqué F.F Bruce en 1943 :

  • Vers le milieu du siècle dernier, une école de pensée très répandue affirmait que certains des livres les les plus importants du Nouveau Testament, notamment les Évangiles et les Actes, n'existaient pas avant les années 130. En fait, cette affirmation ne reposait pas tant sur des preuves historiques que sur des postulats philosophiques ; car, même à cette époque, les preuves historiques étaient suffisamment nombreuses pour démontrer le manque de fondement de cette théorie, comme l'ont si bien montré Ligfoot, Tischendorf, Tregelles, etc. ; mais nous disposons aujourd'hui d'une telle some de preuves concluantes que nous somme obligés, quelles que soient nos théories philosophiques d'accepter le premier siècle comme date de rédaction de la plupart des écrits du Nouveau Testament . [2]


Les propos de F.F.Bruce sont très intéressants puisqu'ils nous montrent qu'en 1943 la thèse qui consiste a dater les évangiles au 2ème siècle était considéré comme obsolète. De nos jours l'écrasante majorité des érudits (ultra critiques ou non) date les évangiles au 1er siècle. Une minorité date l'évangile de Jean au début du deuxième siècle mais la majorité date Jean à la fin du 1er siècle et une autre minorité date Jean vers 70. Pour les synoptiques les dates varies généralement entre 70 et 100, on peut bien sûr citer Burton L.Mack qui date Luc au début du 2ème siècle (comme quelques autres chercheurs) mais il date Marc, Matthieu et Jean au 1er siècle et des critiques qu'on ne peut pas accuser d'être des "pro-chrétien"comme Bart Ehrman, Paula Fredriksen, Shaye F.D Cohen, Geza Vermes, Gerd Lüdemann donnent tous la date du 1er siècle pour les synoptiques tandis que d'autres plus conservateurs comme John Wenham, John A.T.Robinson, David Alan Black, Daniel B.Wallace ont postulés pour une date avant 70 (pour plus de détails voir la recension à la fin de l'article).

Quant à la datation du 2ème siècle nous devons nous tourner vers Markus Vinzent qui est la tête de proue d'un mouvement récent et extrêmement minoritaire qui date les évangiles entre 140 et 160, le postulat de Markus Vinzent consiste prétendre que les quatre évangiles ont été écrit après l'évangile qu'utilisait Marcion [3] et que les évangiles canoniques ce sont inspirés de l'évangile de Marcion. La position de Markus Vinzent a été critiquée par des érudits tels que James C.Paget, Paul, Judith Lieu, Paul A.Hime, Christophe Guignard et Diether T.Roth [4] qui ont soulevés plusieurs gros problèmes dans la thèse de Markus Vinzent :

  • Pour soutenir la priorité de Marcion il faut faire une étude comparative entre Luc et Marcion sauf qu'il n'existe aucun manuscrit qui nous rapporte le texte de Marcion, la seule chose que nous avons ce sont des citations provenants d'auteurs comme Tertullien. Il faut donc que les érudits reconstruisent un texte grec hypothétique en se basant sur des citations qui sont en latin pour le cas de Tertullien, et comme le mentionne Diether T.Roth "ce n'est qu'avec une reconstruction critique et méthodologiquement contrôlée que l'érudition pourra avancer dans les débats pour lesquels ce texte est pertinent. Tant que nous n'aurons pas débattu et atteint au moins un certain niveau d'accord sur la reconstruction du texte de l'Évangile de Marcion, toutes les propositions concernant sa relation avec l'Évangile de Luc, par exemple, resteront incertaines et spéculatives."[5]

  • Pour soutenir une date entre 140 et 160 pour les évangiles il faut rejeter la possible mention d'un ou des évangile(s) écrit par 1 Clément 13.2, dater la Didache qui est souvent dater vers 110 à une date après 140 car elle connaissait très certainement Matthieu 28.19 et dater le témoignage de Papias après 140 alors qu'il est généralement daté entre 110 et 130.

  • Une date entre 140 et 160 explique difficilement qu'Irénée connaissait les quatre évangile vers 180, que Justin le Martyr connaissait les synoptiques vers 140-165 et que le fragment Muratori vers 180 connaissait Luc et Jean alors que ces divers témoins proviennent de région éloignés.

  • Il faut rejeter le témoigne d'Irénée pour qui Marcion avait une version tronquée de l'évangile et non l'inverse "Voilà pourquoi Marcion et ses disciples se sont mis à tailler dans les Écritures, rejetant totalement certaines d'entre elles, mutilant l'Evangile de Luc et les épîtres de Paul et ne reconnaissant pour authentique que ce qu'ils ont ainsi tronqué. [6]" il faut aussi rejeter le témoignage de Tertullien contre Marcion "Mais voici que rencontrant l'épitre aux Galates où Paul [...] accuse [...] certains faux apôtres de pervertir l'Évangile de Christ, Marcion s'emploie de toutes ses forces à détruire le statut d'évangiles pour ces oeuvres qui sont proprement l'œuvre d'apôtres (Mt et Jn) ou de personnes apostoliques (Mc et Lc) et son publiée sous leurs noms : son but étant, bien sûr, de conférer à son évangile le crédit qu'il leur ôte. [7]"



Il existe encore d'autres problèmes liés à la thèse de Markus Vinzent comme l'ont démontrés les auteurs que j'ai cité plus haut et sa datation des évangiles entre 140 et 160 est rejetée par ses compères, Paul A.Himes trouve que certaines lacunes de Markus Vinzent rendent sa thèse "peu convaincante", Larry Hurtado dit que la datation de 140-160 de Vinzent est "insoutenable" [8], Christophe Guignard parle de "thèse isolée, extrême et provocatrice" et James C.Paget qualifie la thèse de Vinzent de "vues révisionnistes fondées sur des controverses dont le caractère controversé est traité de manière parfois trompeuse".

On est donc bien loin du consensus des critiques que Stéphan Hoebeeck tente de nous vendre en disant que les critiques datent les évangiles au 2ème siècle et bon nombres d'érudits reconnaissent que l'avis majoritaire est une datation au 1er siècle :

Craig A.Evans

  • Parmi ces quatre, trois - Matthieu, Marc et Luc - ont été écrits au premier siècle, dans les années 60 et 70. Certains plaideront pour des dates antérieures, d'autres pour des dates ultérieures. Aucun historien compétent ou spécialiste du Nouveau Testament ne plaide en faveur d'une date du deuxième siècle de ces Évangiles. La plupart des spécialistes s'accordent à dire que l'Évangile de Jean a été publié avant la fin du premier siècle. [9]


Charles E.Hill

  • Il convient de noter que Petersen, lorsqu'il énumère les évangiles et les dates probables mentionnées ci-dessus, énumère également ce que beaucoup considèrent comme les dates les plus probables pour les évangiles canoniques (Marc 70, Matthieu 85, Luc 90, Jean 100). Ces dates sont assez courantes parmi les historiens d'aujourd'hui, bien que certains érudits très compétents affirment que non seulement Marc, mais aussi Matthieu et Luc (et une petite minorité dirait aussi Jean) étaient en circulation avant 70 de notre ère. Quoi qu'il en soit, pour dire l'évidence, les quatre évangiles canoniques sont reconnus par Petersen et la grande majorité des érudits de toutes tendances comme étant les premiers évangiles connus. [10]


Gary R.Habermas

  • De telles dates pour les évangiles ont peut-être été populaires au XIXe siècle, mais elles sont aujourd'hui abandonnées par la grande majorité des chercheurs critiques, et pour de bonnes raisons. Bien qu'il ne soit pas dans le cadre de ce livre d'examiner en profondeur les dates des Evangiles, la plupart des érudits critiques datent Marc d'environ 65-70 après J.-C., et Matthieu et Luc d'environ 80-90 après J.-C., ce qui est environ vingt à vingt-cinq ans plus tôt que les dates de Wells. Jean est généralement daté à la fin du premier siècle plutôt qu'au deuxième siècle. Certains acceptent même des dates antérieures à celles-ci. [11]



Ce sujet a d'ailleurs été mis en lumière par Rémi Gomez lors de son débat face à Stéphan Hobeeck, Rémi a mis en avant John Meier et Simon Claude Mimouni qui datent tous les deux les évangiles entre 65 et 100 ap J.C. Étant donné que Stéphan Hoebeeck ne se repose pas sur des érudits sa seule solution pour s'en sortir a été de faire croire que Simon Claude Mimouni et John Meier avait changés d'avis dans leurs derniers livres, à 2:13:24 du débat Stéphan dit à propos de Simon Claude Mimouni "non il a évolué à propos de la datation" mais malheureusement pour lui Rémi avait avec lui le dernier livre de Mimouni et Stéphan n'a pu montrer où Mimouni a dit qu'il a évolué, ce qui est logique puisque non seulement Mimouni donne le 1er siècle qui comme date pour les évangiles mais en plus il dit noir sur blanc dans son livre qu'il ne prend pas en compte les nouvelles hypothèses pour une date vers 150. [12]





Pour John Meier il dit à 1:23:30 la chose suivant "c'est vrai que John Meier à cette époque là défend une datation de 100, maintenant il reconnait que la datation des évangiles il est tout à fait possible que ce soit 130-140" en parlant du volume 5 de john Meier. Mais pourquoi ne précise t-il pas que dans son volume 5 à la page 370 Meier dit que Marc a été écrit avant Matthieu et Luc et Matthieu et Luc ont été écrit vers 85 ? [13]





La réalité nous montre que non seulement il invente un consensus imaginaire d'après lequel les critiques dateraient les évangiles au début du 2ème siècle mais en plus de ça il est obligé en plein débat de falsifier Simon Claude Mimouni, c'est dire à quel point sa thèse n'est pas soutenue. Et pourtant c'est lui qui dans une pseudo réponse à Odon Lafontaine dit "Il faudrait rappeler à certains prétendus chercheurs que l’esprit critique n’est pas à sens unique; et quand il devient à sens unique, ce n’est plus de l’esprit critique mais de la banale propagande." et bien c'est exactement ce que lui fait en inventant des consensus inexistants. [14]


Les évangiles écrits avant ou après 70 ?


Le critère le plus utilisé par les érudits qui datent les synoptiques après l'an 70 concerne la destruction du temple comme l'explique Christophe Batsch "Il est une règle simple mais rigoureuse de la critique textuelle et historique : lorsqu'un événement historique avéré est mentionné dans un texte, ce texte est toujours postérieur à l'événement en question. La forme prophétique ne change rien à l'affaire . La pratique de la -rétro prophétie- est bien connue de la littérature juive apocalyptique : l'exemple le plus fameux figure aux chapitres 11 et 12 du livre de Daniel. [...]De la même façon doit-on conclure que la rédaction des trois évangiles synoptiques est postérieurs à la destruction de Jérusalem en 70. [15]"L'argument rejète toute approche surnaturelle, cette approche est généralement adoptée par les érudits. Toutefois d'autres érudits n'hésitent pas à inclure une approche "théiste" dans leurs datations des évangiles comme c'est le cas de Peter J.Williams "Mais si nous admettons que Jésus puisse prédire les événements futurs, une objection majeure aux dates antérieures est enlevée [16]". La datation se voit donc être dépendante en grande partie de l'approche que l'on adopte. En tant que croyant je plaide bien évidement pour une approche "théiste" mais la position qui consiste à dater les évangiles avant 70 ne se résume pas à une fois aveugle ni ne mérite d'être caricaturé comme telle car elle possède plusieurs arguments qui méritent considération.

La destruction du temple est mentionnée à au moins quatre reprises dans les Évangiles :

  • Matthieu 24.1 Comme Jésus, sorti du temple s'en allait, ses disciples s'approchèrent pour lui faire remarquer les constructions du temple. 2 Prenant la parole, il leur dit : "vous voyez tout cela, n'est-ce pas ? Je vous le dis en vérité, il n'y sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit renversée.

  • Marc 13.1 Comme il sortait du temple, un de ses disciples lui dit : "Maître, voyez quelles pierres et quelles constructions !"2 Jésus lui répondit : ";tu vois ces grandes constructions ? Il n'y sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit renversée."

  • Luc 19.41 Et quand il fut proche, voyant la ville, il pleura sur elle,42 disant : "si, en ce jour, tu avais connu, toi aussi, ce qui était pour (ta) paix ! Mais maintenant cela demeure caché à tes yeux.43 Car vont venir sur toi des jours où tes ennemis établiront contre toi un retranchement, t'investiront et te serreront de toute part ;44 ils t'abattront à terre, ainsi que tes enfants (qui sont) chez toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le moment où tu as été visitée. "

  • Luc 21:20 Mais lorsque vous verrez des armées investir Jérusalem, sachez alors que sa désolation est arrivée.


Le premier constat que nous devons poser et qu'à aucun moment les évangiles ne présentent la destruction du temple comme un événement passé mais comme un événement futur. Bien évidement on objectera qu'il s'agit d'une rétro-prophétie mais il est intéressant de noter l'attitude de St Luc lorsqu'il cite une prophétie qui est déjà accomplie. En Actes 11.28, Luc fait référence à une prophétie prononcée par Agabus et Luc précise que la prophétie s'est réalisée sous Claude (41-54 ap J.C)

  • Actes 11:28 L'un d'eux, nommé Agabus, s'étant levé, révéla par l'Esprit qu'il y aurait sur toute la terre une grande famine. ‒ Elle eut lieu sous Claude. ‒

Avec cette prophétie on constate que St Luc qui écrit après la réalisation de l'oracle prend soin de mentionner à ses lecteurs la réalisation de la prophétie, pourquoi n'a t-il pas fait de même avec la destruction du temple si il a composé ses récits après l'an 70 ?

L'épitre de Barnabé peut, elle aussi nous apporter un élément intéressant. Cette épitre a été composée vers 130 ap J.C et comme l'a souligné France Quéré "le but de l'épitre est de présenter dans les mystères du Christ l'accomplissement des prophéties [17]" car l'auteur tout au long de son épitre cite des prophéties pour prouver que Jésus est le Messie. Au chapitre 16 verset 3-4 l'auteur va citer une prophétie en rapport avec la destruction du temple, cette prophétie diffère de ce que nous pouvons trouver dans les évangiles canoniques mais le point important est qu'en citant la prophétie l'auteur de l'épitre précise que la prophétie a été réalisé et que le temple est détruit :

  • 16.3 Il dit enfin :"Voici, ceux qui ont détruit le temple le rebâtiront de leurs mains." 4 L'histoire la confirmé : ils sont en guerre et leurs ennemis ont démoli leur temple; et aujourd'hui les serviteurs de ces ennemis le rebâtiront.

Mentionner que la destruction du temple a été prophétisé et qu'il a été détruit est donc pour l'auteur de l'épitre un argument en faveur de la messianité de Jésus, pourquoi aucun des trois synoptiques n'a fait de même ? En particulier Matthieu qui est l'évangile qui cherche le plus à prouver que Jésus est le Messie ? La réponse est peut-être toute simple, les synoptiques ont été écrits avant l'an 70.

Jésus n'est d'ailleurs pas le seul à avoir mentionné la destruction du temple avant qu'elle n'arrive, Flavius Josèphe dans la guerre des juifs VI.301 nous rapporte qu'un dénommé "Jésus fils d'Ananias" à prédit la destruction du temple vers 66 ap J.C :

  • Mais voici de tous ces présages le plus terrible : un certain Jésus, fils d'Ananias, de condition humble et habitant la campagne, se rendit, quatre ans avant la guerre, quand la ville jouissait d'une paix et d'une prospérité très grandes, à la fête où il est d'usage que tous dressent des tentes en l'honneur de Dieu, et se mit soudain à crier dans le Temple : « Voix de l'Orient, voix de l'Occident, voix des quatre vents, voix contre Jérusalem et contre le Temple, voix contre les nouveaux époux et les nouvelles épouses, voix contre tout le peuple ! » Et il marchait, criant jour et nuit ces paroles, dans toutes les rues. Quelques citoyens notables, irrités de ces dires de mauvais augure, saisirent l'homme, le maltraitèrent et le rouèrent de coups. [...] Car tandis que, faisant le tour du rempart, il criait d'une voix aiguë : « Malheur encore à la ville, au peuple et au Temple », il ajouta à la fin : « Malheur à moi-même », et aussitôt une pierre lancée par un onagre le frappa à mort. Il rendit l'âme en répétant les mêmes mots.

Si Jésus fils d'Ananias a pu prédire la destruction du temple, pourquoi Jésus fils de David n'aurait-il pas pu le faire ?


D'autres arguments sont aussi invoqués, par exemple la polémique contre les juifs présente dans l'évangile de Matthieu serait un élément nous permettant de situer l'évangile vers l'an 85 au moment d'un conflit entre la synagogue et l'église, encore une fois cet argument fait fit de plusieurs données qui nous montres qu'il y'avait déjà un conflit entre les années 40 et 50. Les Actes des apôtres nous rapportent plusieurs récits de persécution qui montrent clairement un conflit existant bien avant l'an 85. (Actes 4.1-3; 5.17-18; 6.12-15; 7.55-60; 9.1-2; 14.19; 17.5; 18.12-13; 21.27-29; 23.1-22).

Pour continuer sur les Actes des apôtres ont peu légitimement se demander pour qu'elle raison les Actes s'arrête chronologiquement avec l'emprisonnement de Paul de tarse à Rome (vers 62 ap J.C) et ne raconte pas la mort de Paul (vers 67 ap J.C) si St Luc a écrit après 70 ? À ce titre, il n'y a aucun verset des Actes qui contiendrait une indication chronologique après l'an 62, aucune mention de la persécution des chrétiens sous Néron et un sentiment neutre voir amicale envers l'empire Romain, aucune mention de la mort des apôtres Pierre et Jacques le Juste alors que la mort de Jacques le fils de Zébédée (vers 44 ap J.C) est mentionné en Actes 12.2.

En partie pour ces raisons plusieurs spécialistes comme Brant Pitre, Craig Blomberg, Andreas J.Köstenberger, L.Scott Kellum, Charles L.Quarles, Daniel B. Wallace n'hésitent à postuler pour une date avant 70 pour les synoptiques. Bien évidement ces arguments ne sont pas une preuve "ultime" pour dater les évangiles avant l'an 70 mais ils ne doivent pas être rejetés d'un revers de main surtout lorsque l'on constate la teneur des arguments pour une datation post temple.



Recension de plusieurs spécialistes sur la datation des évangiles :


  • Helen K.Bond - Marc vers 70, Matthieu et Luc vers 80-90 et Jean à la fin du premier siècle. [18]

  • Daniel Marguerat - Marc vers 65, Matthieu vers 75, Luc vers 80-90 et Jean à la fin du 1er siècle. [19]

  • Shaye F.D. Cohen - Marc vers 70, Matthieu et Luc dans les années 80 et Jean vers 90-100.[20]

  • Bart Ehrman - Marc Après 70, Matthieu et Luc vers 80-85 et Jean vers 90-95. [21]

  • Daniel J.Harrington - Marc vers 70, Matthieu et Luc vers 85-90 et Jean à la fin du 1er siècle.[22]

  • Raymond R.Brown - Marc vers 70, Matthieu et Luc vers 80-90 et Jean vers 90. [23]

  • Larry Hurtado - Marc vers 65-72, Matthieu et Luc vers 80-90 et Jean vers 90-100. [24]

  • Robert E. Van Voorst - Marc vers 70, Matthieu et Luc vers 80 et Jean à la fin du 1er siècle. [25]

  • David Alan Black - Marc vers 66-67, Matthieu vers 42, Luc vers 62 et Jean vers 96. [26]

  • Daniel B.Wallace - Marc vers 55, Matthieu vers 60-65, Luc vers 61-62 et Jean vers 65-66. [27]

  • Craig S.Keener - Marc vers 64-70, Matthieu d'avant 70 à 90, Luc vers 70 et Jean vers 90. [28]

  • Gerd Lüdemann - Marc vers 70, Matthieu et Luc vers 90 et Jean au début du 2ème siècle. [29]

  • Craig A.Evans - Marc, Matthieu et Luc vers 60-70 et Jean à la fin du 1er siècle. [30]

  • James D. G. Dunn - Marc vers 65-75, Matthieu et Luc vers 80-95 et Jean vers 100. [31]

  • Donald A.Carson & Douglas J.Moo - Marc dans vers 60, Matthieu avant 70, Luc vers 65-70 et Jean avant 90. [32]

  • John Wenham - Matthieu vers 40, Marc vers 45 et Luc vers 54. [33]

  • Stanley E.Porter & Lee Martin McDonald - Marc vers 66-70, Matthieu vers 80-90, Luc vers 65-67 et Jean fin du 1er siècle. [34]

  • Andreas J.Köstenberger, L.Scott Kellum & Charles L.Quarles - Marc vers 55-60, Matthieu vers 50-60, Luc vers 58-60 et Jean vers 85-95. [35]

  • Marie Noonan Sabin, Barbara E. Reid, Michael F. Patella, Scott M. Lewis - Marc vers 70, Matthieu vers 85, Luc vers 80 et Jean après 90. [36]

  • Donald Senior, Susan A.Calef, Pheme Perkins & Justin Taylor - Marc vers 70, Matthieu après 70, Luc vers 80-90 et Jean vers 90-100. [37]

  • Mark Allan Powell - Marc vers 65-73, Matthieu vers 85, Luc vers 70-80 et Jean vers 90. [38]

  • Geza Vermes - Marc, Matthieu, Luc entre 70-100 et Jean entre 100-110. [39]

  • Edward D.Andrews - Marc vers 60-65, Matthieu vers 45-50, Luc vers 56-58 et Jean vers 98. [40]

  • Paula Fredriksen - Marc après 70, Matthieu Luc vers 90-100 et Jean après Matthieu et Luc et avant 100. [41]

  • Aaron M.Gale, Lawrence M.Wills, Amy-Jill Levine & Adele Reinhartz - Marc vers 64-72, Matthieu vers 80-90, Luc vers la fin du 1er siècle et Jean vers 70-130. [42]

  • M. David Litwa - Mark après 70, Matthieu vers 80-85, Luc vers 85-95 et Jean à la fin du 1er siècle. [43]

  • Régis Burnet - Marc vers 70, Matthieu après 80, Luc vers 80 et Jean vers 90. [44]

  • Xavier Leon-Dufour - Marc vers 64-70, Matthieu vers 80-90, Luc vers 70-80 et Jean à la fin du 1er siècle. [45]

  • Donald A.Hagner - Marc vers 65, Matthieu vers 65-70 (voir 80), Luc vers 66-74 et Jean à la fin du 1er siècle. [46]

  • F.F Bruce - Marc après 60, Matthieu après 70, Luc entre 60-70 et Jean entre 90-100. [47]

  • Burton L.Mack - Marc vers 70, Matthieu vers 90, Luc au début du 2ème siècle et Jean vers 90. [48]

  • Dale C.Allison Jr, Christopher M. Tuckett, Eric Franklin & René Kieffer - Marc après 70, Matthieu vers 85, Luc vers 80-85 et Jean vers 90-10. [49]

  • John A.T.Robinson - Matthieu vers 40-60, Marc vers 45-60, Luc vers -57 à 60 et Jean vers -40 à + 65. [50]

  • Craig L.Blomberg - Matthieu après Marc dans les années 60, Marc dans les années 60, Luc entre 62 à après 70 et Jean vers 80-90. [51]

  • Jospeh M.Holden & Norman Geisler - Marc et Matthieu dans les années 50, Luc avant 62 et Jean avant 95. [52]

  • Catherine M.Murphy - Marc vers 65-75, Matthieu et Luc vers 75-85 et Jean vers 90-100. [53]

  • Alain Marchadour - Marc vers 70, Matthieu, Luc vers 80-90 et Jean vers 100. [54]






1. https://www.academia.edu/11674454/Jésus_sappelait_Bannous

2. F.F Bruce, Les documents du Nouveau Testament peut-on s'y fier ? pp16-17

3. Marcion était un enseignant influent du deuxième siècle qui a migré du Pont à Rome. Marcion enseignait une antithèse entre ce qu'il considérait comme le Dieu obsédé par la loi et courroucé des Écritures juives et le Dieu de grâce des chrétiens. Il a limité son "canon" des Écritures à une version modifiée de Luc et à un corpus abrégé des lettres de Paul.

4. James C.Paget, Paul Journal for the Study of the New Testament, Marcion and the Resurrection: Some Thoughts on a Recent Book ; Judith Lieu, The Journal of Ecclesiastical History The Enduring Legacy of Pan-Marcionism ; Paul A.Hime http://rosetta.reltech.org/TC/v20/TC-2015-Rev-Vinzent-Himes.pdf ; Christophe Guignard https://www.academia.edu/6197723/Marcion_et_les_Evangiles_canoniques_A_propos_dun_livre_récent ; Diether T.Roth https://larryhurtado.wordpress.com/?s=vinzent

5. https://larryhurtado.wordpress.com/2015/03/17/marcion-and-methodology-roth-2/

6. Irénée de Lyon, contre les hérésies, III 12.12

7. Tertullien, contre Marcion, IV 3.2

8. https://larryhurtado.wordpress.com/2015/03/17/marcion-and-methodology-roth-2/

9. Craig A.Evans, Jesus and his world, introductionCharles E.Hill, Who Chose Gospels, pp8-9

10. Charles E.Hill, Who chose the Gospels, pp8-9

11. Gary R.Habermas, The historical Jesus, p35

12. Simon Claude Mimouni, Introduction à l'histoire des origines du christianisme, p133

13. John Meier, A Marginal Jew: Rethinking the Historical Jesus, Volume V, p370

14. https://www.facebook.com/notes/stephan-hoebeeck/les-judéo-nazaréens-et-les-origines-de-lislam-réponse-à-odon-lafontaine-et-à-que/10155820886588210/

15. Christophe Batsch, Juifs et chrétiens aux premiers siècles, p190

16. Peter J.Williams, Can we trust the Gospels, p41

17. France Quéré, Les pères apostoliques, p183

18. Helen K.Bond, The historical Jesus,p48

19. Daniel Marguerat, Vie et destin de Jésus de Nazareth, pp33-35

20. Shaye F.D. Cohen, From the Maccabbes to the Mishnah second edition, p16

21. Bart Ehrman, La construction de Jésus aux sources de la religion chrétienne, p196

22. Daniel J.Harrington, Historical dictionary of Jesus, pp1-2 & pp83-84

23. Raymond R.Brown, 101 questions sur la Bible et leurs réponses, p87

24. Larry Hurtado, Le Seigneur Jésus Christ. La dévotion envers Jésus aux premiers temps du christianisme, p272 ; https://larryhurtado.wordpress.com/2019/04/25/the-gospel-according-to-mark-a-noteworthy-text/

25. Robert E. Van Voorst, Jesus outside the New Testament, p15 et p180

26. David Alan Black, Why four Gospels, chap3

27. Daniel B.Wallace, https://bible.org/seriespage/2-mark-introduction-argument-and-outline ; https://bible.org/seriespage/2-mark-introduction-argument-and-outline ; https://bible.org/seriespage/3-luke-introduction-outline-and-argument ; https://bible.org/seriespage/4-gospel-john-introduction-argument-outline

28. Craig S.keener, The IVP Bible Background Commentary, p44, p126, 176 et p246

29. Gerd Lüdemman, Jesus after 200 years, p3

30. Craig A.Evans, Jesus and his world, introduction

31. James D. G. Dunn, Jesus remembered, cahp7

32. D A.Carson & D J.Moo, Introduction au Nouveau Testament

33. https://search.proquest.com/openview/2c4b6d77c9b3c8120ccada5a74125dd6/1?pq-origsite=gscholar&cbl=1817929

34. Stanley E.Porter & Lee Martin McDonald, Early Christianity and its sacred literature

35. Andreas J.Köstenberger, L.Scott Kellum & Charles L.Quarles, The cradle, the cross, and the crown an introduction to the New Testament

36. Marie Noonan Sabin, Barbara E. Reid, O.P., Michael F. Patella, O.S.B., Scott M. Lewis, S.J., New collegeville Bible commentary

37. Donald Senior, Susan A.Calef, Pheme Perkins & Justin Taylor, The Catholic study Bible third edition

38. Mark Allan Powell, Introducing the New Testament second edition

39. Geza Vermes, The real Jesus, p20, pp38-39

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